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Yaoundé , 6éme étage Immeuble Africa Business Center, face Tribunal Millitaire
Cimencam - Nouveau camion citerne

Les intérêts des étrangers privilégiés dans l’usage des barrages hydroélectriques du Cameroun : Le cas CIMENCAM

CIMENCAM (histoire de CIMENCAM)

En 1965, par la ruse, la France détrône l’Italie (CEMENTIR :1er gestionnaire de cimencam)

Augustin Kodock, la trentaine juste révolue, détient un Doctorat en Sciences économiques conquis à Toulouse, ville universitaire et technologique où il aura été le camarade d’Ossende Afana, l’upéciste révolutionnaire. Et surtout Kodock a fait l’ENA (école qui forme l’élite française jusqu’aujourd’hui), très bien outillé, Kodock va procéder par analyse et calcul économiques dans l’étude des projets qui lui sont confiés. Dans le dossier CICAM, Kodock met en concurrence japonais, allemands et français. Dans le dossier Cimencam, il met en concurrence italiens et français. Energique, Kodock prospecte les partenaires et négocie des termes favorables pour le Cameroun.

Les protocoles de joint-venture sont signés : CICAM a pour principal partenaire la DEG, une institution allemande ; CIMENCAM sera piloté par Cementir, une firme italienne. Les économistes camerounais ont montré l’image d’un Cameroun indépendant à l’égard de la France, un crime de lèse-majesté ! Le cas de CIMENCAM mérite plus de détails ; à l’origine, un aventurier italien du nom de Rocaglia avait découvert une carrière de marbre au niveau de Garoua non loin de Figuil et réussira à installer une unité de découpe et polissage dans les environs. Le marbre sert au revêtement dans l’immobilier et la clientèle en demande.

Rocaglia ouvrira et fera fonctionner une salle d’exposition à Yaoundé située juste avant l’ancien aéroport et réussit ainsi à équiper plusieurs édifices et villas de la capitale naissante. De par son activité dans le département d’origine du Chef de l’Etat, Rocaglia jouit de bonnes entrées dans le milieu politique cependant son principal objectif est la mise en valeur industrielle de la carrière de calcaire adjacente au marbre : en effet, le calcaire est la matière première d’une cimenterie.

Rocaglia se fait fort de convaincre ses frères de venir créer une telle cimenterie à Figuil et devient mandataire de Cementir, la plus importante compagnie de ciments en Italie depuis l’après-guerre. Le partenariat avec l’Italie se justifie également par le fait que Cogefar, une entreprise italienne de travaux publics, va exécuter de gros ouvrages au Cameroun dont notamment le chemin de fer trans-camerounais.

C’est là que les problèmes commencent pour notre trio Kanga, Kodock, Wanseck. La France, qui est en train de faire des réalisations d’envergure au Cameroun (barrages ; électrification etc.), s’interpose et exige l’annulation du contrat. Le jeune régime politique du Président Ahidjo vacille ; menacé sur sa droite par Paris, Ahidjo est par ailleurs menacé sur sa gauche par le maquis du vice-président de l’Upc, Ernest Ouandié.

Lors de la signature de la Convention d’Etablissement en 1965 avec Cimencam, la France a chipé le leadership du projet cimenterie, cependant que les italiens resteront actionnaires à hauteur de …. 3,4%, compte tenu des frais d’études engagés ! Rocaglia arpentera les couloirs de la SNI pendant longtemps protestant la mise à l’écart des Italiens. Mais on est devant un fait accompli.

Le tout premier DG de CIMENCAM sera français, du nom de Edmond Leguil, et ses états de service plaident pour lui : il fut sous-préfet dans la Bénoué au Nord, couvrant justement …. Figuil ! Edmond Leguil, petit homme attentionné et entièrement dévoué au sort de l’entreprise à lui confiée, saura assurer l’essor de CIMENCAM pendant deux décennies.

CIMENCAM sera composé de deux unités bien distinctes, dont une cimenterie intégrée à Figuil basée sur l’exploitation du calcaire du Nord, et une station de broyage à Bonabéri, qui importe le clinker pour faire le ciment. Cimencam créée en 1963 est une filiale du groupe français de matériaux de construction Lafarge. Elle produit et vend au Cameroun du ciment, des granulats et du béton prêt à l’emploi. Elle comprend trois usines : une station de broyage située à Bonabéri sur les berges du fleuve Wouri à Douala, une cimenterie intégrée à Figuil dans la région du Nord et une centrale à béton située à Olembé dans le Centre du Cameroun.

En 2013, Cimencam a réalisé un chiffre d’affaires de 85 milliards de francs CFA.

Dates clés de Cimencam :

   0.1963 : société de béton et ciments de Bassa (BECIBA)

  1. 1963: Création de Cimencam
  2. 1965: Signature de la convention d’établissement (on peut télécharger)
  3. 1970: Démarrage des activités à Figuil
  4. 1971: Bonaberie met ses premiers sacs sur le marché
  5. 1985 : Entrée de LAFARGE dans le capital de cimencam
  6. 2001: Construction d’un terminal à ciment : + de 20 000 Tonnes/an
  7. 2003: Augmentation de la tour de préchauffage à FIGUIL
  8. 2003: Augmentation de la capacité de Bonaberi avec un séparateur
  9. 2003: Lafarge devient majoritaire par ses investissements avec 55% et la SNI 45%
  10. 2004: installation d’une rotative à CIM 3
  11. 2006: Démarrage de la consommation de la biomasse dans le process de FIGUIL
  12. 2007: Lancement des travaux de construction de la 5ième ligne de broyage à Bonaberi
  13. 2008: Mise en service d’un 5iéme broyeur BK5, installation d’une 6ième ensacheuse, construction d’un 11ième SILO
  14. 2009: Début des pourparlers avec le Sultanat Bamoun pour l’exploration de la carrière de Pouzzolane du Noun.
  15. 2011: Cimenterie intégrée à NOMAYOS : pose de la première pierre avec pour objectif de produire 500 000 tonnes par an
  16. 2012: Montage et mise en marche de la centrale à béton d’Olembé
  17. 2015: Cimencam devient membre du Group LafargeHOLCIM( LafargeHolcim Ltd est le leader mondial des matériaux et des solutions de construction. Le Groupe est issu de la fusion de Lafarge et Holcim. Il est domicilié à Jona et son siège se trouve à Zoug, en Suisse.)

Considérée comme la plus petite cimenterie du pays avec 150 000 tonnes de production annuelle, l’usine Figuil, vieille de 40 ans, verra sa capacité booster à 600 000 tonnes. Répondant ainsi seulement aux besoins de la zone septentrionale qui comprend les régions de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, mais aussi une partie de pays frontaliers comme le Tchad et la République centrafricaine.

Ce déploiement programmé à partir du Cameroun vers les pays voisins va en droite ligne avec les visées expansionnistes de Lafarge dans la sous-région Afrique centrale. A preuve, en dehors des marchés centrafricain et tchadien, le groupe Lafarge est actuellement en pourparlers avec les autorités gabonaises.

En effet, Madeleine Berre, ministre gabonaise de la Promotion des Investissements a reçu en audience le mardi 5 mai 2018 à son cabinet, l’administrateur directeur général de LafargeHolcim, Emmanuel Rigaux. Les échanges portaient sur les opportunités d’investissement dans le domaine du ciment au Gabon, au regard du boom en perspective dans le secteur des constructions.

Au Cameroun, en dehors de Figuil, Cimencam, produit déjà   1,5 million de tonnes de ciment sur son site de Douala, est actuellement sur un projet de construction d’une nouvelle usine (500 000 tonnes) dans une banlieue de la capitale du pays, Yaoundé. Elle pourrait être achevée en 2019 et portera la production annuelle de l’entreprise à 2 millions de tonnes de ciment (DOUALA ET NOMAYOS). Le coût de construction de cette unité de broyage à Yaoundé est estimé à 23 milliards FCFA.

Figure 1: LAFARGE FIGUIL-NORD-CAMEROUN

Situé à Nomayos, le site d’une superficie de 16,2 ha a bénéficié d’un investissement de près de 28 milliards de FCFA. Il fait aussi l’objet d’une convention signée entre le Gouvernement du Cameroun et Cimencam depuis mai 2016.

Cette implantation permet à l’industriel de devenir le premier producteur de ciment dans le pays, avec une capacité opérationnelle de 2 Mt de ciment/an produit dans ses usines (à Douala et Nomayos) et 600 000 Tonnes à FIGUIL soit 2 600 000 tonnes/an.

Pour rappel, Cimencam est spécialisé dans la production de matériaux de construction au Cameroun et en Afrique centrale. Il bénéficie de trois actionnaires : LafargeHolcim Maroc Afrique (55 %), la SNI du Cameroun (43 %) et ses collaborateurs (2 %).

Figure 2: LAFARGE NOMAYOS-PRES DE YAOUNDE

Figure 3:LAFARGE-DOUALA -CAMEROUN

Cimencam projette produire 2,6millions de tonnes par an au Cameroun devant Dangote qui projette 3 millions de tonnes par an pour le moment.

 

II-Cimencam et énergie  électrique

POUR ALIMENTER LA CIMENTERIE DE NOMAYOS DANS LE CENTRE CAMEROUN, IL FAUT UNE PUISSANCE DE 36 méga volts ampères POUR UNE PRODUCTION DE 500 000 tonnes de ciment par an.

La mise en service de l’usine des Cimenteries du Cameroun (Cimencam) est imminente. Et les signes sont perceptibles. Le 4 mars dernier en effet, les régions du Centre et du Sud ont été privées d’électricité entre 6h et 12h00. Selon Gaston Eloundou Essomba, le ministre de l’Eau et de l’Energie, dans un communiqué, cette interruption est indispensable pour effectuer le raccordement du poste abaisseur de Nomayos au réseau de transport de l’électricité. Le poste en question étant nécessaire pour la mise en service prochaine de la nouvelle unité de production de ciment de Nomayos, précise-t-il.

Le nouveau poste de 90/30 kilo volt de Nomayos d’une puissance installée de 36 méga volt ampère va permettre, explique le ministre, la stabilisation et la fiabilisation de l’alimentation en énergie électrique dans les localités de Mbankomo, Ngoumou, Makak, Nomayos, tous les villages environnants et les quartiers périphériques de la ville de Yaoundé comme Ahala, Afanoyo, Meyo, Messamendongo, etc. ; l’alimentation de la nouvelle unité industrielle de broyage de Clinker de Nomayos ; et la couverture de la demande en énergie électrique dans la nouvelle zone industrielle de Yaoundé Ouest.

Pour une production de 500 000 tonnes dans cimencam NOMAYOS, UNE ENERGIE DE 36 méga volt ampère est offerte, l’ensemble de la production nationale de CIMENCAM est de  2 600 000 tonnes /an, le besoin en énergie se lèvera à 187,2 méga volt ampère, soit 187,2 méga watts, sensiblement égale à 200 méga watts , sachant que la production nationale en énergie électrique n’atteint pas 1600 mégawatts, une preuve que Les intérêts des étrangers sont privilégiés dans l’usage des barrages hydroélectriques au Cameroun, au  détriment des camerounais.

C’est au regard de cette insuffisance en énergie, que SID CAMEROUN S.A, lance un projet géant de la construction d’un barrage hydroélectrique de 11 000 mégawatts, le tout premier en AFRIQUE qui se fera par les investissements des camerounais afin de vivre une richesse et un développement réel des camerounais.

 

 

 

 

 

 

Sources:

1-https://www.cimencam.com/fr/notre-histoire

2- https://fr.wikipedia.org/wiki/Cimenteries_du_Cameroun

3- https://gredevel.fr/index.php/item/107-cimencam-de-figuil-a-l-assaut-de-nouvelles-terres

4- https://www.camer.be/48218/12:1/cameroun-cicam-sosucam-et-cimencam-comment-le-sort-dahidjo-a-ete-scelle-cameroon.html

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